Investissement industriel : la domination de l’Asie se renforce

Les données issues de l’édition 2020 du Baromètre mondial des investissements industriels viennent d’être publiés.
Chaque année, le Baromètre offre une photographie unique de l’émergence de l’usine du futur à travers le monde, et permet d’identifier les tendances régionales ou mondiales qui formeront l’industrie de demain. A ce titre, c’est un outil unique d’analyse de la progression concrète de l’usine du futur dans l’investissement industriel mondial.

Le Baromètre mondial des investissements industriels a été mis en place en 2016 par Fives, EDF, l’Institut de la réindustrialisation et Trendeo. Il s’inscrit dans le projet DEFI&CO, porté par le CESI dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir.

Ce baromètre recense les annonces d’investissements significatifs en s’appuyant sur une base de données qui collecte les informations en temps réel. Il a pour objectif de mesurer les tendances au niveau international en matière d’investissement, soit dans de nouvelles unités de production, soit dans des unités industrielles existantes. Pour cela, il identifie les projets et réalisations qui contribuent au développement de « l’industrie du futur », sur des critères technologiques et sociétaux : la flexibilité, la numérisation, l’efficacité énergétique, la protection de l’environnement, l’insertion dans l’économie locale et les efforts sociaux.

Télécharger le baromètre 2020

L’édition 2020 permet de souligner les points suivants :

  • Le COVID-19 a fortement ralenti l’investissement industriel mondial, mais l’Asie a moins souffert que le reste du monde ;
  • Les critères de l’Usine du Futur sont moins mis en avant par les industriels en une période difficile, mais globalement les pays européens sont les plus en avance sur cette thématique. L’Asie accorde plus d’importance aux critères technologiques (digitalisation) qu’aux critères sociaux et environnementaux ;
  • Les industriels font de gros efforts pour mettre en avant les économies de CO 2 engagées, même si ces efforts proviennent principalement du secteur de l’énergie ;
  • L’innovation industrielle se poursuit, sur différents axes (produits, process, coûts), avec beaucoup de projets qui se présentent comme des premières mondiales ou continentales dans leur secteur ;
  • Dans la 5G, l’Asie est très en avance sur le reste du monde, autant en nombre de projet qu’en montants investis ;
  • Il y a une contraction des projets d’investissement étrangers en 2020, qui passent de 54% à 48% du total des investissements ;
  • Dans l’hydrogène, le volontarisme européen permet un meilleur positionnement, mais le secteur est encore émergent ;
  • Les GAFAM investissent plus et avec des scores Usine du Futur supérieurs à leurs concurrents chinois. Mais leurs fournisseurs manufacturiers sont majoritairement localisés en Chine ;
  • Des mouvements de relocalisation sont observés suite au conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, qui bénéficient principalement, pour le moment, à Taïwan.

Les partenaires du Baromètre mondial des investissements industriels ont apporté leur lecture des données issues de l’outil.

Ainsi, Gwénaël Guillemot, Directeur de l’Institut de la réindustrialisation et responsable du département industrie à CESI Nanterre, a commenté : « La décarbonation, enjeu planétaire consistant à réduire les consommations de combustibles fossiles, commence à impacter durablement l’industrie mondiale. L’analyse de plus de 3000 projets d’investissements montre en effet des efforts ciblés notamment sur l’efficacité énergétique des équipements de production. »

Laurent Levacher, Chargé de mission Industrie du Futur chez EDF : « Pour rester compétitive, l’industrie doit se transformer et améliorer ses performances ; face aux exigences de ses clients, elle doit aussi se décarboner. Les investissements liés à la décarbonation restent importants dans la plupart des pays et secteurs industriels. »

Bijan Cour, Responsable des développements Hydrogène chez Fives : « L’hydrogène décarboné est une solution incontournable pour la mobilité de demain et une plus grande adoption des énergies renouvelables. Les technologies ont atteint une maturité suffisante, permettant une massification de la production avec le soutien de programmes nationaux ambitieux. Le développement de la filière va nécessiter l’implications d’industriels solides capables de concevoir et fournir des lignes de production innovantes, digitalisées et très exigeantes en termes de qualité. »