Suite de notre série sur les écosystèmes industriels en milieu métropolitain.  Le billet précédent évoquait la piste des études monographiques, à partir de l’exemple des liens entre Airbus et d’autres sociétés, à Toulouse. Ici nous montrons que les emplois “en col blanc” du secteur industriel sont également métropolitains, par opposition aux emplois de production.

Comme nous avons également des données sur les emplois de R&d et les emplois de siège créés par les groupes des secteurs industriels, nous pouvons étudier la localisation de ces emplois de “cols blancs”.

De fait, ces emplois sont bien concentrés sur les métropoles. 14 des 18 métropoles (15 EPCI plus trois métropoles spécifiques) sont présentes dans le tableau. Les 20 premières zones d’emploi qui figurent ici accueillent 42% de la population et 63% des emplois de R&D et de quartier général créés par des groupes industriels de 2009 à 2017. L’Île-de-France retrouve une place prépondérante, en valeur absolue mais également par rapport à sa population employée. Le niveau très élevé de Clermont-Ferrand est lié principalement à l’extension de la R&D de Michelin, groupe d’envergure mondiale.

emplois tertiaires des secteurs industriels

Les vingt premières zones d’emploi pour les emplois de quartier général et de R&D des secteurs industriels accueillis, mis en rapport avec la population employée.

Il y a donc bien une complémentarité entre métropoles et sites industriels y compris au sein de l’industrie, au moins dans la répartition des fonctions : les emplois de col blancs demeurent dans les métropoles, alors que les emplois de production sont sur des sites distants non métropolitains.

Le TGV, un facteur de localisation mesurable

Un premier élément peut être mentionné, qui a fait l’objet d’une étude récente, la présence du TGV. Une note [Pauline Charnoz, Claire Lelarge et Corentin Trevien, L’infrastructure TGV est-elle un facteur de compétitivité pour les entreprises françaises ? INSEE Analyses, février 2017.] de l’INSEE de février 2017 mettait en évidence que le passage d’une ligne ferroviaire à la grande vitesse accroissait de 0,6% le nombre d’emplois industriels pour les sites reliés par le TGV à leur quartier général, et faisait croître de 1,2% la part des emplois de production dans ces sites distants, pendant que les emplois de managers des sites distants baissent de 0,2%.

Le TGV accroît donc la polarisation entre sites industriels et activités tertiaires.

Ce n’est pas, loin de là, le seul facteur de localisation des emplois industriels.

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