Présentation publique du programme d’accompagnement à l’arrivée du haut débit en Polynésie

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ECONOMIE NUMERIQUE – Le câble HONOTUA en 2010 ? Et, après ?

Communiqué de presse publié sur le site de la Présidence polynésienne

Trois experts des sociétés de l’IDATE et ITD-Eu ont restitué, en présence de Gaston Tong Sang, Président de la Polynésie Française, les résultats de deux études menées à savoir la première sur l’impact économique de la mise en place du câble HONOTUA et la seconde portant plus spécifiquement sur le ciblage et le dimensionnement du village « pôle de compétitivité ». Un représentant du Haut commissaire, les élus de l’Assemblée territoriale de la Polynésie Française, les ministres du gouvernement et des représentants de la société civile ont également participé à cette réunion.

Dans son discours d’accueil, le Président a tout d’abord souligné que le 21ème siècle était celui de la communication. Il a précisé que si l’isolement géographique de la Polynésie Française était un handicap pour les entreprises exportatrices, en revanche, l’arrivée du câble HONOTUA permet de s’affranchir des distances et de rivaliser ainsi à armes égales avec celles du monde entier. « Nous ne pouvons ni nous ne devons rester à l’écart du mouvement mondial » a t-il insisté.

Georges Puchon, ministre en charge du développement de l’économie numérique, a quant à lui indiqué que les quelques éléments présentés faisaient parti d’un schéma global de développement de l’économie numérique ; avant d’ajouter que « le câble et l’implantation d’un village pôle de compétitivité représentaient des investissements importants pour la Polynésie et qu’ils permettront sans conteste à de nouvelles filières de naître induisant ainsi des créations d’emplois. »

Pas de « ANTI-OPT »

La première restitution, celle du câble sous-marin, s’est portée en particulier sur l’impact de celui-ci sur l’économie. Les principales problématiques suscitées, liées à l’arrivée de ce nouvel équipement, ont également été soulevées telles que les capacités d’accès, la qualité de service, le coût d’accès et notamment la position de l’OPT dans ce paysage des télécoms qui s’ouvre à la concurrence.

Ainsi, Alain Veyret s’est prononcé en faveur d’un modèle de « gagnant-gagnant ». L’ouverture à la concurrence ne doit pas signifier « anti-OPT ». Bien au contraire, l’OPT doit jouer son rôle de service public tout en assurant celui de régulateur. Cette nouvelle fonction repose principalement sur la définition des conditions d’accès aux opérateurs alternatifs au câble HONOTUA.

Un débit de 2 mégabit au lieu de 128k

L’arrivée du câble HONOTUA permettra aux consommateurs pour moins de 6000 francs de surfer avec une capacité de 2 méga bit soit 20 fois supérieur à celui d’aujourd’hui (128k). L’expert a recommandé au gouvernement d’adopter des actions fortes en direction des entreprises (développement de l’e-commerce, accompagnement de formations et de conseil adaptés), notamment dans les secteurs du tourisme (rapatriement des serveurs de données en Polynésie pour développer le savoir, numériser les bases de données et mieux les exploiter), de l’éducation (équiper les établissements scolaires en ordinateur et Internet) et aussi de la santé (permettre de diagnostiquer des pathologies à distance en équipant efficacement les archipels éloignés) .Un baromètre sera mis en place afin d’évaluer les investissements et décisions pris dans ces domaines.

Qu’est ce qu’un village Pôle de compétitivité ?

Le village pôle de compétitivité se définit, tout simplement, par une combinaison sur un espace géographique donné, d’entreprises, de centres de formation et d’unités de recherche ; engagés dans une démarche partenariale destinée à dégager des synergies autours de projets communs à caractère innovants. Ce même pôle devrait comprendre des bâtiments intelligents, bénéficier de dispositifs d’accompagnement fiscaux et disposer de ressources humaines qualifiées.

Des niches à développer

Les cinq niches préconisées par Michel Lacave, expert de l’ITD-Eu, qui représenteraient des opportunités de développement pour la Polynésie sont :

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  • 1 – Les substances naturelles avec la biodiversité marine et terrestre

  • Les composantes de cette filière sont la cosmétologie, la pharmacopée, la perliculture, la nacre (utilisation comme bio-ressource notamment dans la chirurgie réparatrice osseuse), l’aquaculture … La valeur ajoutée du câble sur cette filière est, dans cet exemple, l’accessibilité aux réseaux d’organismes internationaux de recherche pour les chercheurs basés en Polynésie.

  • 2 – Les énergies renouvelables

  • Face au renchérissement du coût de l’énergie, cette niche constitue un enjeu important pour le fenua. Les composantes étant l’énergie de la mer (thermique et hydrolienne), solaire, éolienne, ce secteur est à développer. « Il y a un important travail de prospection à mener pour attirer des entreprises de recherche dans ce domaine » a précisé Michel Lacave. Le câble permettra d’accéder aux réseaux internationaux de recherche et de développement.

  • 3 – La maintenance et réparation navale

  • La Polynésie compte les plus beaux lagons au monde. Les composantes de la niche sont les services aux yachts et voiliers de luxe, aux flottilles de pêche opérant dans le Pacifique et ceux proposés sur le marché local (flottes de plaisance, pêche). Le câble permettra d’accéder en temps réel aux informations sur les disponibilités de services, de pièces détachées, véritable atout pour promouvoir la Polynésie dans le yachting de luxe par exemple. C’est en effet un argument rassurant pour les sociétés internationales de Yachting et pour les navigateurs.

  • 4 – Le Software et l’économie numérique

  • Les composantes sont les logiciels médicaux et hospitaliers, la rénovation de logiciels, le développement du logiciel libres, l’archivage numérique, le stockage de données, de banque de données. Tout ces éléments constituent des activités à développer et dressent le profil des entreprises à séduire.

  • 5 – L’audiovisuel et l’image son et numérisation

  • Le développement de cette niche pourrait tout à fait, à terme, attirer des entreprises de Californie. Les composantes sont les banques de données d’images, la production et la réalisation audiovisuelles, le web TV , la production d’image de synthèse et d’animation. Ce type de sociétés a bien évidemment besoin de haut débit pour transférer , stocker, chercher ses informations. Permettre aux cinéastes ou autres réalisateurs d’échanger en haut débit est une condition inévitable pour se démarquer des autres destinations exotiques.

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* Autres : le secteur de l’aéronautique et l’éco-tourisme

D’autres secteurs ont également été présentés.

Des challenges à relever pour le fenua

Ces recommandations ont été riches et très instructives. L’expert a cependant rappelé que le pôle de compétitivité ne pouvait, à lui seul, résoudre les problèmes liés à l’emploi ou encore attirer des entreprises. En revanche, il a précisé que le nombre d’emplois créé se situerait entre 600 et 1500 sur trois années à condition que le pays relève les challenges suivants :

* – Développer le domaine de la recherche en partenariat avec l’université du pacifique, UC Berkeley (notamment pour les énergies renouvelables) par exemple.

* – Accroître les formations dans des domaines porteurs tels que la biodiversité et également promouvoir, plus efficacement, auprès des entreprises la «formation continue» dispensée aujourd’hui par l’université du Pacifique

* – Régler le problème du foncier et des infrastructures( parc de 6 à 8 hectares) en tenant compte de la disponibilité de la surface mais aussi du coût du m²

* – Attirer des projets innovants en sachant que le concours national de l’innovation a souvent récompensé des projets de polynésiens

* – Améliorer l’environnement fiscal avec notamment une zone franche dédiée à l’export

Lors de la réunion, des professionnels de l’informatique, des télécommunications tout comme des chefs d’entreprises murmuraient : « enfin, nous avons une visibilité sur l’impact du câble en Polynésie, c’est rassurant de savoir qu’on ne s’arrête pas juste à l’installation de celui-ci mais que des propositions sur le « oui, le câble ; Et après ? nous soient présentées. »

Groupe de réunion – de gauche à droite

Moana Blanchard (Président du Conseil d’administration de l’OPT), Michel Lacave (Expert de l’ITD-Eu), Teikinui Porlier (Représentant à l’assemblée de la Polynésie), Georges Puchon (ministre en charge du développement de l’économie numérique), Raymonde Raoulx (Présidente du CESC), Yannick Teriierooiterai (Directeur de Tikiphone) Alain Veyret (expert de l’IDATE), David Cousquer (expert de Trendeo), Maina Sage (Représentante à l’assemblée de la Polynésie), Karl Tefaatau (chef de service de la DDTIC), Michel Cerdini (Président de la Jeune chambre Economique)

Georges Puchon, ministre en charge du développement de l’économie numérique

2016-11-04T12:40:19+00:00 15 juin 2008|International, Missions, Territoires|