Startups, métropoles et villes moyennes

Suite de notre série sur les écosystèmes industriels en milieu métropolitain. Après un billet consacré à présenter notre série sur les écosystèmes industriels en milieu métropolitain, nous abordons le thème des startups, qui fournissent un point de comparaison intéressant avec l’activité industrielle. Elles sont principalement présentes dans les métropoles françaises.

Nos données sur les levées de fonds et startups sont collectées depuis 2014.

Les startups ont été définies, pour nous, par deux caractéristiques : un business model innovant et moins de six années d’existence. Depuis 2014, nous en avons ainsi identifié environ 2200 – un rythme de trois par jour.

Les startups sont très concentrées géographiquement, comme le montre le graphique ci-dessous. Les 20 premières zones d’emploi en nombre de startups identifiées accueillent 80% du total des startups.

zones d'emplois startups en France

Vingt premières zones d’emploi accueillant des startups identifiées par Trendeo depuis 2014. Données Observatoire de l’emploi et de l’investissement en France de Trendeo.

Par zone d’emploi, Paris se place au premier rang, suivie de Toulouse, Lyon, Bordeaux, Rennes, Lille… Parmi les 15 métropoles définies par la loi (EPCI), seules Dijon, Orléans et Tours sont absentes de ce classement. Les zones qui ne comptent pas parmi ces EPCI mais figurent dans notre classement sont des satellites, ou proches, de ces métropoles : Saclay, Cannes. Il n’y a que Caen qui constitue une sorte d’exception.

Startups et population employée

Pour mieux caractériser cette distribution, nous avons ramené le nombre de startups à la population employée.

En plus de cette courbe, nous avons calculé le taux de sous-représentation ou de sur-représentation des startups, pour chaque zone d’emploi.

Ce type de calcul conduit à relativiser légèrement la performance parisienne, mais surtout met en évidence d’autres bons résultats.

startups et population employee

Classement des zones d’emploi par sur-représentation des startups (colonne “écart”). La colonne écart rapporte la part des startups identifiée dans la zone d’emploi à la part de la population employée dans cette zone. Lecture : Lannion accueille 0,58% des startups identifiées, pour 0,1% de la population française employée fin 2008, soit 412% de sur-représentation. La dernière colonne indique le nombre de startups en excès par rapport à une égalité entre le pourcentage de startups accueillies et le pourcentage de la population employée. Lannion accueille donc 10 startups de plus que ce que à qui conduirait une répartition équilibrée des startups en fonction de la population employée.

Sur 2 243 startups identifiées, 786, soit 39%, sont dans la zone d’emploi de Paris [121 communes, dont Paris et Nanterre, cf. https://www.insee.fr/fr/metadonnees/cog/zone-d-emploi/ZE20101101-paris], pour 13% de la population française employée fin 2008.

Il y a donc une sur-représentation de 179% des startups dans la zone d’emploi de Paris. C’est élevé, mais deux zones d’emploi françaises ont un score supérieur : Lannion et Montpellier.

Pour Lannion, c’est un cas particulier, une sorte de coup de chapeau aux politiques industrielles gaulliennes puisque le CNET, devenu FT R&D puis Orange Labs, a été implanté là en 1960. Les startups identifiées localement sont d’ailleurs toujours liées aux activités télécoms : Internet des objets, porte-clés connecté, fibre optique, visio-conférence, domotique, synthèse vocale, gestion des réseaux intelligents…

Montpellier (“la surdouée” [Slogan lancé en 1985, au moment de la création de la technopole de Montpellier. L’incubateur local a été classé n°1 mondial en 2007 par le NBIA (National Business Incubation Association).]) est une métropole plus classique, avec une forte population étudiante (près de 20% de la population de l’agglomération) mais aussi un technopole primé parmi les meilleurs mondiaux.

Des villes moyennes en bas de classement

startups et villes moyennes

Ce tableau constitue le bas du tableau précédent, avec les zones d’emploi qui présentent la plus forte sous-représentation du nombre de startups. Il manque par exemple 13 startups au Havre par rapport à sa population employée, ou 16 à Toulon.

Pour approfondir les raisons de ce classement, nous sommes partis d’un article de Paul Graham.

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