Un écosystème Airbus à Toulouse

Suite de notre série sur les écosystèmes industriels en milieu métropolitain.  Le billet précédent montrait que, par rapport à leur population employée, ce sont des villes moyennes qui sont championnes de l’emploi industriel. Ici nous évoquons une autre méthode d’analyse des écosystèmes industriels, qui consisterait à rentrer dans le détail des liens entre acteurs locaux. Par exemple sur les liens entre Airbus et d’autres sociétés, à Toulouse.

Une approche monographique pourrait s’attacher à décrire des écosystèmes localisés, comme par exemple un écosystème Airbus toulousain.

Sur la zone d’emploi de Toulouse, nous avons identifié en effet 2 624 créations nettes d’emplois par le groupe Airbus, de 2009 à 2017. Mais 1973 emplois nets ont été créés par des sociétés liées à Airbus, à Toulouse, à des degrés divers : sous-traitants d’Airbus ne produisant que pour Airbus, sociétés mentionnant Airbus comme client parmi d’autres (des SSII par exemple), des startups se développant au sein d’un incubateur financé par Airbus, avec une activité sans lien direct avec l’aéronautique, une crèche qui revendique d’accueillir 30% d’enfants de salariés d’Airbus, des sociétés liées à l’aéronautique créées par des anciens d’Airbus, une ligne de métro étendue pour desservir les sites Airbus, un laboratoire de R&D universitaire dont Airbus est le premier financeur privé…

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Copie d’écran de l’observatoire de l’emploi et de l’investissement en France, base de données publiée par Trendeo.

Il y a donc incontestablement un écosystème Airbus à Toulouse, qui demanderait des études plus fines, incluant par exemple les liens avec les laboratoires de recherche.

Ce genre d’approches monographiques n’est pas retenu ici, et par la suite nous utiliserons des données sur la France concernant d’abord les startups, puis l’industrie, en nous attachant principalement à l’aspect localisation des emplois.

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