Peut-on installer des startups en zone rurale ? Des usines en métropole ?

Partage de données préparées dans le cadre d’un colloque régional, ou petit aperçu de notre méthodologie pour répondre à ces questions.

Nous avons commencé par regrouper les zones d’emploi françaises en 5 catégories, depuis les « rang 1 » (8 zones d’emplois regroupant 30% de la population employée française), jusqu’au « Rang 5 », avec 147 zones regroupant 10% de l’emploi français. La question est complexe, mais, en premier abord, on peut dire que les zones de rang 1 sont plutôt des métropoles, et les zones de rang 5 des zones rurales.

Ensuite nous avons analysé la répartition des créations d’emplois par zone, dans la base Trendeo, pour chacun des types d’activité définis dans notre base (https://lnkd.in/dz9x7Ks). L’objectif est de mesurer la sur ou sous-représentation de chaque type d’activité dans chacune de ces zones.

La méthode est simple : les zones de rang 1 accueillent 30% des emplois en France, mais, dans les données Trendeo, ont accueilli 52% des emplois de service créés de 2009 à 2021. D’où une sur-représentation de 74% de ces emplois (première case du deuxième tableau ci-dessous).

Des startups à la campagne et des usines à la ville ?

Quelques réflexions sur les résultats d’ensemble :

  • Les activités de services, les activités numérique, les activités de siège et quartiers généraux, la R&D, sont très clairement métropolitaines et sous-représentées de façon croissante dans les zones de plus petite taille (avec une intensité différente, les activités numériques étant les plus métropolitaines).
  • Les activités industrielles en revanche sont d’autant plus surreprésentées que la zone d’emploi est petite, là encore de façon très linéaire. La situation assez similaire pour la production agricole.
  • Les points de vente sont répartis de façon assez homogène, sauf dans les plus petites zones.
  • D’autres activités ont une répartition moins linéaire, la logistique par exemple, ou l’on peut penser que les plateformes évitent à la fois les métropoles et les zones très rurales, se concentrant sur des hubs proches de villes moyennes. Même phénomène probablement pour les data centres, qui sont aussi des infrastructures.

Une partie de ce qu’on appelle la métropolisation des activités vient de la croissance des activités numériques par exemple, non pas d’une supériorité intrinsèque des métropoles pour tous les types d’activités. Si l’investissement industriel reprend, il pourrait y avoir un rééquilibrage.

Cela veut dire aussi que les métropoles de premier rang ne devraient probablement pas essayer de se positionner sur l’attraction d’investissements industriels – sauf cas particuliers. En revanche les villes moyennes et les zones rurales peuvent bénéficier de la reprise de l’emploi industriel.

Ces quelques conclusions à gros traits méritent confirmation et analyse zone par zone, que nos utilisateurs peuvent faire pour leur propre compte !

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