La sensibilité aux thèmes environnementaux progressant, les voitures « vertes » se vendent de mieux en mieux, tandis que les grosses cylindrées et les 4*4 de loisir s’écoulent plus difficilement. Cette évolution est encore accélérée par les mesures de type bonus/malus, comme celle qui a été adoptée en France en 2007.

Jusqu’ici l’offre automobile ajoute à un modèle classique, souvent banal, des caractéristiques techniques destinées à le « verdir ».

La Prius, par exemple – due à Toyota, qui a su s’inscrire dans une tendance « développement durable » dès 1997 – ne doit pas son succès à une ligne révolutionnaire.

Maintenant qu’un marché semble durablement créé pour des voitures aux caractéristiques environnementales fortes, de nombreux nouveaux modèles vont émerger et la créativité des constructeurs sera plus forte.

En Inde, par exemple, la société Reva propose une petite voiture électrique, aux caractéristiques encore proches d’une voiturette : autonomie de 80 kilomètres, vitesse maximum de 80 Km/h. Un modèle deux places est annoncé avec une autonomie de 200 kilomètres et une vitesse maximum de 120 km/h.

Un constructeur indien, le groupe Tata, a su repérer les technologies de Guy Nègre, ingénieur français, et de sa société MDI. Il propose un véhicule à air comprimé, sans aucun rejet de CO2 (cf. vidéo). La MiniCats offre 3 places et son autonomie annoncée est de 80 kms avec une vitesse maximale de 110 km/h. Une version hybride permet d’accroître l’autonomie du véhicule avec une très faible consommation d’essence (inférieure à 2l aux 100 kms). Sur le plan commercial et marketing, en tout cas si l’on peut en juger par la simple présence sur internet, Guy Nègre a encore du travail puisqu’une requête « MDI Guy Nègre » sur Google renvoie sur le site d’un concurrent et ancien collaborateur…

Le projet « better place » prend acte des caractéristiques encore limitées des voitures électriques pour lancer un modèle – en partenariat avec Renault – sur le marché israélien. En Israël, 90% des conducteurs font moins de 70 kms par jour, et tous les centres urbains sont distants de moins de 150 kms. Ces caractéristiques font du pays un bon terrain de test pour la généralisation des voitures électriques. L’innovation technologique s’accompagne ici d’un modèle économique astucieux. Prenant acte du fait que la batterie est l’élément clé des modèles électriques, Better Place entend développer un réseau de stations de recharge qui permettra aussi de repartir immédiatement sans attendre grâce à un simple échange de batterie. Les premières voitures devraient rouler en utilisation normale en 2011, en Israël et au Danemark.

Ces projets innovants proposent encore des véhicules d’allure fonctionnelle. D’autres s’engagent déjà dans la production de véhicules plus séduisants.

Tesla Motors, aux Etats-Unis, propose un roadster électrique aux caractéristiques impressionnantes : vitesse maximale de 200 km/h, autonomie de 350 kms, une accélération de 0 à 100 km/h en 4 secondes, le tout pour un temps de recharge électrique de 3 heures 30, sur une prise électrique courante. La voiture est offerte à la réservation pour l’Europe, livrable en 2009, à 100 000 € HT…

 

Deuxième exemple étonnant, l’Aptera. Ce véhicule à trois roues offre deux places. En Californie, il est enregistré dans la catégorie des motos mais le constructeur revendique une solidité de construction digne d’une automobile. La version tout-électrique (il existe une version hybride), offre une autonomie de 193 kms, une vitesse maximale de 130 km/h et une accélération de 0 à 100 km/h en moins de dix secondes.

A voir toutes ces nouveautés, on pressent que le marché de la voiture «écologique» va s’animer considérablement dans les toutes prochaines années…